Contre la prostitution

Contre la prostitution

Contre le choix pro-prostitution d’Amnesty International

À son Conseil international de Dublin en août 2015, Amnesty International a proposé d’adopter une politique en faveur de la «dépénalisation du travail du sexe». Avec le mouvement Femen et d’autres organisations l’AFD s’est mobilisée avec d’autres associations dans le monde contre une telle trahison des droits des femmes.

8 août 2015 – Communiqué
Légaliser la prostitution et dépénaliser le proxénétisme, c’est renforcer la traite et l’esclavagisme sexuel.
Il ne peut y avoir d’amnistie pour un être humain achetant un autre être humain, même pour quelques heures. Il ne peut y avoir d’amnistie pour les clients de la prostitution, même si la personne prostituée l’est par «choix». Comme de nombreuses sections nationales d’Amnesty International, nous nous opposons donc au projet de politique libérale proxénète défendu par leur siège. Le conseil international d’Amnesty International qui se tient du 7 au 11 août 2015 à Dublin va proposer à ses sections nationales du monde entier de se prononcer sur un texte en faveur de la «dépénalisation du travail du sexe». Cette politique pro-prostitution signifie non seulement le maintien de l’impunité des acheteurs du sexe, mais aussi la dépénalisation des proxénètes. Légaliser la prostitution et dépénaliser le proxénétisme, c’est renforcer la traite et l’esclavagisme sexuel.

La légalisation ou la décriminalisation de la prostitution est un outil de légitimation pour l’industrie du sexe. Si les juristes d’Amnesty International proposent de dépénaliser les personnes prostituées, ce que nous saluons, ils militent dans le même temps pour des politiques de dépénalisation du proxénétisme «non coercitif» et de légitimation des consommateurs, telles que mises en œuvre dès 2000, en Allemagne et aux Pays-Bas, avec les résultats que l’on connaît désormais : la police néerlandaise dit publiquement depuis 2010 que la législation n’a profité qu’aux proxénètes, tandis que les personnes prostituées sont toujours recrutées parmi les groupes les plus discriminés et sont toujours contraintes à la prostitution. En Allemagne, le constat établi n’est pas plus réjouissant. En mai 2013, Der Spiegel consacrait un dossier entier à«L’Allemagne-bordel», sous-titré «Comment l’État a promu la traite des femmes». Depuis, Europol a rappelé au Parlement européen que la traite des êtres humains augmentait particulièrement dans les États ayant légalisé la prostitution et dépénalisé le proxénétisme. Cette analyse est confirmée par la recherche «Does Legalized Prostitution Increase Human Trafficking?» que trois économistes européens ont menée sur 150 pays.

Non à la politique ultralibérale et patriarcale promue par les juristes d’Amnesty International. Le système prostitutionnel représente un aspect de la domination masculine dans sa forme pure. Le client achète une marchandise, la prostituée, qui devient son instrument de plaisir. Dans ce rapport de domination, l’homme détient tous les pouvoirs : le sexe et l’argent.
En militant pour la non-pénalisation des acheteurs de sexe, le siège d’Amnesty plaide pour le maintien d’une longue tradition patriarcale de mise à disposition du corps des femmes au profit des hommes et de leurs prétendus «besoins sexuels irrépressibles». Pour justifier cette politique, Amnesty prend soin de redéfinir le sujet en qualifiant la prostitution de«travail du sexe» et la définissant comme un «accord contractuel par lequel des services sexuels sont négociés entre adultes consentants». Mais il s’agit en réalité d’entériner une politique en faveur de l’esclavage sexuel, la traite, les camps de dressage, les tortures, les actes de barbarie, les mauvais traitements, les assassinats, les viols… qui sont le «lot» du système prostitutionnel.

Amnesty International, ONG de défense des droits humains, trahirait sa vocation en faisant le choix d’apporter son soutien aux esclavagistes modernes de l’industrie du sexe.
L’idée de l’abolition de la prostitution est apparue au XIXe siècle avec la lutte pour l’abolition de l’esclavage. Des humanistes comme Victor Hugo, Jean Jaurès, Victor Schoelcher ont développé l’idée de combattre la prostitution en tant que forme d’esclavage. Pourquoi Amesty International, ONG de défense des droits humains, ne se positionnerait pas contre cet esclavage comme le font les sections nationales d’Amnesty France et Suède qui souhaitent défendre les personnes prostituées, et qui s’opposent à l’impunité des proxénètes et des acheteurs de sexe.
Nous continuerons de notre côté à plaider pour la dépénalisation des personnes prostituées et la mise en place d’alternatives réelles à la prostitution, ainsi que pour la condamnation du proxénétisme et de l’achat d’un acte sexuel. Car nous militons pour une sexualité égalitaire et libérée de toutes les violences, discriminations et injonctions, qu’elles soient morales, physiques, psychologiques ou économiques.
La prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde mais la plus ancienne forme d’oppression !

Ce texte est à l’initiative du mouvement Femen, du mouvement du Nid, de la Coalition for the Abolition of Prostitution (CAP International), de l’Alliance des femmes pour la démocratie (AFD-MLF) et soutenu par Zéro Macho, les Effronté-e-s, Encore féministes!, Osez le féminisme, Femmes solidaires, Kadidia Sangaré (avocate, présidente de la commission nationale des droits de l’homme du Mali), Conseil national du droit des femmes (Brésil), Lidia Falcon (avocate, présidente du Parti féministe, Espagne), Fadila Mehal (fondatrice et présidente d’honneur des Marianne de la diversité), Philippine Leroy Beaulieu (actrice), Chantal Chawaf (écrivaine), Laurence Zordan (philosophe, écrivaine), Gérard Biard (journaliste), Julien Seri (réalisateur), Taslima Nasreen (écrivaine et féministe), Rosen Hicher, ancienne prostituée.
Texte publié sur Libération.fr le 8 août 2015

Femen MLF contre prostitution 2015

Un moment historique vers l’abolition de l’esclavage sexuel des femmes
MLF et FEMEN contre la prostitution

12 juin 2015 – Communiqué
Pour l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi pénalisant le client
L’Alliance des Femmes pour la Démocratie-MLF et le mouvement Femen, représentant ensemble deux générations de combattantes, sont résolument pour l’adoption de la proposition de loi sur la prostitution,
par l’Assemblée nationale, le 12 juin 2015.
Parce que la prostitution est et a toujours été un esclavage, une exploitation sauvage du sexe,
du corps, de la chair et de l’identité des femmes.
Parce qu’en ces temps de crise, de guerres, de migrations forcées, de régressions sociales dont
les femmes sont les premières victimes, nous devons plus que jamais défendre nos droits.
Parce que la prostitution est un système esclavagiste dans lequel le prostitueur (le proxénète)
et le prostituant (le client), échangent la prostituée (des femmes à 85%) comme une marchandise.
Le combat contre cette institution est prioritaire et vital pour une société de liberté et d’égalité
et pour la dignité humaine.
La France est depuis 1949 pour l’abolition de la prostitution.
Dans une résolution du 26 février 2014, le Parlement européen a proclamé que la prostitution
est incompatible avec la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Il est temps d’agir concrètement pour le progrès humain.
L’Assemblée nationale, suivant la voie d’un nombre croissant de pays, a voté avec courage en 2013 un texte équilibré, articulé autour du renforcement de la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains, le renforcement des droits des personnes prostituées, la création pour elles d’un parcours de sortie et l’interdiction de l’achat d’actes sexuels. En ajoutant pour la première fois la pénalisation des clients-prostituants à celle des proxénètes-prostitueurs, cette loi va donner une force nouvelle à un combat de longue durée : sans clients, pas de prostitution. Pas de demande, pas d’offre !
Au jour où ce texte, refusé par le Sénat, revient devant l’Assemblée, nous demandons aux députées et députés, de réaffirmer leur engagement premier en faveur des droits humains et contre l’esclavage sexuel.
En votant cette loi, la France franchira une étape décisive et historique dans l’abolition de l’esclavage sexuel des femmes. Le MLF et FEMEN, main dans la main, l’encouragent à oser. Deux générations manifestent ensemble pour l’abolition de la prostitution, hier, aujourd’hui, pour demain.
Mouvement FEMEN                               Alliance des Femmes fondée par Antoinette Fouque

12 juin 2015 – Manifestation
Vendredi 12 juin 2015  devant l’Assemblée nationale : Le mouvement Femen et l’Alliance des Femmes pour la Démocratie – MLF, représentant ensemble deux générations de combattantes, ont manifesté contre la prostitution et pour la loi votée par l’Assemblée nationale ce vendredi 12 juin 2015.

« MLF-Femen, pour l’abolition Deux générations contre la prostitution »
« Le corps des femmes n’est pas une marchandise Non, non, non à la prostitution »

Dépêche AFP sur la manifestation du 12 juin 2015
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