Mouvement de Libération des Femmes
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Les femmes face à la crise
Deux exceptions françaises : la double performance des femmes et la laïcité
Les Françaises atteignent le plus fort taux de fécondité de l’Union Européenne et ont une activité professionnelle tout en élevant leurs enfants ; la laïcité républicaine s’est modernisée par une première prise en compte des droits des femmes, avec la loi limitant le port des signes religieux à l’école. Pourtant, en cette fin d’année 2008, le bilan est contrasté : si la condition des femmes a connu ces dernières décennies des progrès décisifs malgré une contre-libération menaçante, la crise économique qui s’annonce impose un plan d’urgence pour les femmes, au bénéfice de tous.
Les femmes sont les premières productrices de richesses
Depuis quarante ans, nous nous sommes battues pour que les femmes deviennent citoyennes à part entière et qu’elles aient le droit de réaliser l’intégralité de leurs compétences. Du droit à la maîtrise de la fécondité – droit de procréer ou non – au droit à la parité et au partage du pouvoir politique, nous avons travaillé pour inventer une hétérosocialité, du plus réel au plus symbolique, qui réponde au malaise de notre civilisation. Les femmes créent du lien social, luttent contre la dégradation de l’environnement, s’expriment dans tous les domaines de la création, s’engagent dans la vie politique. Mais leur apport vital au monde n’est pas reconnu et l’insuffisance des politiques sociales pénalise d’abord les femmes qui font les enfants, qui souvent les élèvent seules, et sur qui repose principalement la charge des parents âgés et autres personnes vulnérables.
La pauvreté se féminise
La crise économique met en péril celles qui sont en situation fragile, c’est-à-dire la majorité des femmes, discriminées à l’embauche comme au salaire. Formant 85% des familles monoparentales et 82% des travailleurs à temps partiel, elles sont la majorité des « nouveaux pauvres » dont le travail rémunéré ne suffit pas à assurer la subsistance. D’un côté, elles sont 80% des salariés payés au SMIC, de l’autre, elles se heurtent au plafond de verre qui les empêche d’accéder aux postes les plus élevés. Elles sont 80% des retraités à vivre avec une retraite inférieure au SMIC, et les femmes âgées ont été gravement pénalisées par les dernières réformes. Dans tous les milieux, elles sont en butte aux violences qui sont la première cause de mortalité pour les européennes âgées de 16 à 44 ans, et, en France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon.
Une politique globale pour les femmes
Si les femmes sont les premières touchées par la crise, elles sont pourtant les premières forces de résistance, le cœur de la démocratie.
Pour stopper les régressions qui les menacent – renvoi à la cuisine ou retour à la religion –, pour protéger leurs acquis, pour dynamiser la promotion de leurs droits à la liberté et à l’égalité, il faut une volonté, une vision, une intelligence, une générosité, une politique globale pour les femmes, non de petits pas mais de bond en avant. Il faut réveiller les consciences. Il faut:
1. Elaborer des politiques économiques et sociales qui prennent en compte l’apport des femmes dans tous les champs (procréation, travail domestique, activité professionnelle, engagement politique et civique, création).
2. Lutter contre la pauvreté en garantissant un revenu, un logement, une formation
professionnelle et des droits propres à la retraite à celles qui font des enfants et les élèvent ; créer un fonds de solidarité, en particulier pour les familles monoparentales.
3. Supprimer les discriminations qui subsistent dans l’accès des femmes à l’emploi, à l’égalité salariale, à la promotion professionnelle, à la retraite.
4. Offrir aux femmes venues d’autres cultures l’accès à une information sur leurs droits, à une formation qualifiante et à un plus ample accès gratuit à l’apprentissage du français.
5. Mener une politique globale contre les violences faites aux femmes.
6. Organiser la solidarité à l’égard des femmes et des filles en danger dans le monde ; accorder un droit d’asile à celles qui sont menacées dans leur intégrité et dans leur liberté.
7. Garantir et renforcer une laïcité qui intègre les droits des femmes.
8. Rétablir un ministère des droits des femmes avec un vrai budget.
9. Modifier la Constitution pour que soit pleinement reconnu que les droits des femmes font partie indivisible et indissociable des droits de la personne humaine, et pour rendre possible, par des mesures positives, la parité dans tous les domaines et à tous les niveaux.
10. Œuvrer à l’harmonisation au plus haut des droits des femmes dans tous les pays de l’Union Européenne.
Pour un Grenelle des femmes
Face aux catastrophes écologiques qui menacent la planète, le Grenelle de l’environnement a exprimé une volonté politique de réparation. Le premier environnement de l’être humain est le corps d’une femme. La place faite aux femmes dans la société doit en tenir compte. Face à la guerre économique qui les frappe aujourd’hui de plein fouet, pensons et organisons la résistance, la libération et la reconstruction. Dès octobre 2008, Antoinette Fouque lançait un appel pour un Grenelle des femmes. Il est urgent que les pouvoirs publics et la société civile se mobilisent, afin d’appuyer les femmes dans leur effort évident pour ne pas être seulement des bénéficiaires de droits acquis, mais aussi les actrices et les forces du changement.
Sur le site, par fax ou par la poste
à l’Espace Des femmes, 35 rue Jacob 75006 PARIS.
www.alliancedesfemmes
Tel : 01 42 22 60 74
Fax : 01 42 22 62 73
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