Législatives 2024 : Les femmes sont le front pionnier de la démocratie

Législatives 2024 : Les femmes sont le front pionnier de la démocratie

Aujourd’hui, en France, à la veille des élections législatives précipitées par la dissolution de l’Assemblée nationale, nous en sommes arrivés à un point de bascule ou de rupture où l’extrême droite pourrait accéder au pouvoir.

Ce 9 juin, les citoyennes ont, pour la première fois, porté leur vote du côté du RN en proportion quasi égale des hommes, subissant sans aucun doute son discours spéculant sur l’insécurité et la misère sociale, parce que les femmes sont les plus durement touchées par la montée des violences et de la pauvreté.

L’extrême droite propose une régression historique du droit des femmes

Pour tenter durant ces années « d’attraper » l’électorat des femmes qui lui a dit non de manière permanente depuis 1972, le RN a pris des déguisements, des masques, jusqu’à se proclamer–non sans anachronisme – le parti des femmes ! Encore aujourd’hui il ne craint pas, par machiavélisme électoraliste, d’affirmer haut et fort que son parti « « garantira les droits des femmes » (sic).
Or, depuis des années, de l’Assemblée nationale au Parlement européen, ce parti refuse toutes les avancées des droits et libertés des femmes et s’attaque aux droits acquis par leurs victoires.
Car le RN, comme le FN hier, est l’archétype de la structure patriarcale dont le modèle se lit dans la transmission monarchique absolue du père à la fille : Marine Le Pen est la fille du père, celle qui est toujours du côté de la Loi du Père, de la Puissance paternelle – que nous avons fait abolir du droit français dès 1970.
L’« appel » de ce parti aux « filles et femmes de France » est en réalité un appel à la restauration d’un « ordre viril de France », avec sa tentation familialiste, nataliste, nationaliste, xénophobe.

Sa proposition est celle d’une régression historique du droit des femmes et des peuples dans le monde puisqu’il est l’allié des dictateurs, des autocrates, de tous les partis bellicistes anti-démocratiques qui sévissent aujourd’hui sur la planète et commettent des crimes contre l’humanité sans fin.

Ce parti est né et s’inscrit dans le retour en force de l’extrême droite dominatrice qui prétend effacer les effets profonds, durables et féconds du Mouvement des femmes et des forces démocratiques et modernes que ce mouvement a libérées.

Mobilisons-nous pour une démocratie paritaire

Les femmes, par leurs combats, avec le MLF et les mouvements de femmes, ont mis fin à un droit archaïque et discriminatoire et gagné des droits universels, de la maîtrise de la fécondité aux lois sur l’égalité et la parité, à celles contre le viol et les violences, pour le Pacs, pour le mariage pour tous…
Ces victoires ont permis une formidable accélération de l’histoire : en 56 ans de combats, la condition des femmes a changé plus qu’en 2000 ans.
Les femmes, conscientes de leurs forces, ne laisseront pas une telle régression s’installer !

Elles continueront de lutter contre la « protestation virile » – comme l’a nommée Antoinette Fouque – qui se déchaine en Europe et dans le monde, illustrée à la fois par un retour des religions et des régimes dictatoriaux.
D’un côté agressivité, régression, valorisation de la « personnalité autoritaire », théocratique, machiste, dominatrice, excluante de tout Autre.
De l’autre, évolution, maturation, démocratisation.

Seule une prise de conscience que la démocratie doit compter avec et sur les femmes permettra, par l’impulsion d’une réelle politique paritaire, de sortir des crises présentes et à venir.

Proposons, avec Antoinette Fouque, une lecture plus féconde de l’avenir : « Il y a du côté des femmes un levier pour toute la société. Elles sont aujourd’hui les actrices principales du changement. Il faut compter sur et avec la personnalité démocratique des femmes pour changer de logiciel, pour qu’au lieu d’une philosophie ou d’une économie du profit, du narcissisme, du pouvoir et de la guerre, vienne une économie de la création, de l’hospitalité et de l’éthique. »

Ensemble, ces 30 juin et 7 juillet, en femmes et hommes adultes et responsables, rassemblons nos forces pour faire cesser les « je » et « jeux » électoraux infantiles et mortifères, et, avec maturité, résistons à l’extrême droite et à son économie de mort, faisons prospérer une démocratie paritaire et laïque – politique, sociale, économique, culturelle, civile, réelle et symbolique – qui s’appuie sur les femmes, porteuses d’espérance, créatrices de richesses, et qui sont aujourd’hui partout dans le monde « le front pionner des combats démocratiques ».

Femmes, manifestons-nous !
retrouvons- nous le dimanche 23 juin partout en France
et à Paris, à 14h30 Place de la République
Á l’appel de  200 associations et organisations de femmes. 

Nous sifflerons l’alerte haut et fort !

 Télécharger l’Appel de l’Alliance des femmes en PDF

Télécharger en PDF : AFD communiqué législatives 2024 2nd tour

Alertes féministes de 200 associations et organisations alertesfeministes.org : Pour trouver tous les lieux de rassemblements en France

Tribune du Mouvement Associatif L’extrême-droite, une menace pour l’action associative et citoyenne

Appel de la Ligue les Droits de l’Homme : Ensemble contre l’extrême droite

Tribune des dissidents en exil à faire barrage contre l’extrême droite

 

Hymne du MLF

Hymne du MLF

Hymne du MLF

Nous qui sommes sans passé, les femmes,
nous qui n’avons pas d’histoire ;
depuis la nuit des temps, les femmes,
nous sommes le continent noir.

LEVONS-NOUS, FEMMES ESCLAVES
ET BRISONS NOS ENTRAVES,
DEBOUT! DEBOUT!

Asservies, humiliées les femmes,
achetées, vendues, violées;
dans toutes les maisons, les femmes,
hors du monde reléguées.

Seules dans notre malheur, les femmes,
l’une de l’autre ignorée;
ils nous ont divisées, les femmes,
et de nos sœurs séparées.

Reconnaissons-nous, les femmes,
parlons-nous, regardons-nous;
ensemble on nous opprime, les femmes,
ensemble révoltons-nous. !

Le temps de la colère, les femmes,
notre temps est arrivé;
connaissons notre force, les femmes,
découvrons-nous des milliers.

Hymne du MLF, écrit par Antoinette Fouque, Monique Wittig, et quelques autres femmes en 1971 et publié dans Le Torchon brûle n° 3, février 1972, p. 2.

Une strophe a été ajoutée quelques années plus tard par Antoinette Fouque :

Ensemble en mouvement, les femmes,
nous vaincrons la répression;
chaque jour nous trouve en armes;
vive nos révolutions.

NOUS NE SOMMES PLUS ESCLAVES !
NOUS N’AVONS PLUS D’ENTRAVES,
DANSONS! DANSONS!

hymne du mlfTélécharger l’hymne du MLF

L’IVG dans la constitution, une victoire historique

IVG dans la Constitution Victoire

DU MLF À FEMEN À NI UNA MENOS ET À METOO
HIER ET AUJOURD’HUI, POUR DEMAIN,
« NOTRE CORPS NOUS APPARTIENT »

VICTOIRE HISTORIQUE

Paris, le 4 mars 2024,

« L’IVG est bien le premier acte historique d’une libération du vivant, d’une révolution
anthropologique. Depuis, les femmes ont leur mot à dire. Elles entrent dans l’Histoire. »
Antoinette Fouque

Avec l’apparition du Mouvement de libération des femmes (MLF) à l’automne 1968, la France et les femmes basculent dans une nouvelle ère de liberté et de libération.

La lutte fondamentale qui s’engage au début du mouvement est celle de la maîtrise de la fécondité, du droit des femmes à disposer de leur corps, un droit positif à la procréation permettant l’affirmation d’un désir jusqu’ici ignoré ou forclos ; elle passe par le combat en faveur de l’avortement et la contraception libres et gratuits pour toutes.

Dans les rues, par milliers, nous manifestons en scandant : « Plus de lois sur le corps des femmes » « Notre corps nous appartient », « Un enfant si je veux, quand je veux » ou « L’usine est aux ouvriers, l’utérus est aux femmes, la production de vivant nous appartient ». Des slogans qui ont fait date et sont repris encore aujourd’hui.  « Le Mouvement de libération des femmes, personne politique, corps vivant et révolutionnaire pour toutes les femmes qui y luttent »  selon les termes d’Antoinette Fouque, co-fondatrice du MLF, nous permet d’enfin libérer nos corps et notre parole.

C’est dans ce contexte de lutte que, le 5 avril 1971, est publié le Manifeste des 343, paru dans Le Nouvel Observateur, dans lequel 343 femmes déclarent en leur nom avoir déjà eu recours à l’avortement et demandent la légalisation de l’IVG, l’Interruption volontaire de grossesse, en France pour toutes. En juin 1973, les éditions des femmes publient la brochure pionnière « L’Alternative, libérer nos corps ou libérer l’avortement ».

Nous obtenons la loi Veil en 1975. Une nouvelle manifestation rassemblant 50 000 femmes pour la reconduction de cette loi a lieu le 6 octobre 1979, réclamant également la gratuité de l’intervention. « Quelque chose de l’esclavage des femmes, de l’asservissement à la reproduction inscrit depuis la Genèse est aboli », affirme Antoinette Fouque. Par ce geste, nous nous réapproprions notre corps et affirmons une voie de libération pour les femmes qui soit en relation avec leur désir, sans contrainte. Ce sont les luttes des femmes pour le droit à disposer de leur corps qui ont forcé les lois à avancer.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les femmes maîtrisent la compétence de procréer de leur corps, dont elles sont seules dans l’espèce humaine à disposer et qui jusque-là était la cause de leur subordination.

La première étape de libération franchie, il fallait l’enraciner par un travail de longue haleine et inscrire la maîtrise de la fécondité comme un droit positif universel de toutes les femmes du monde, et non un devoir ou une prescription des Églises et des États. Nous étions à la Conférence des Nations-Unies « Population et Développement » qui s’est tenue au Caire en 1994 et avons lutté avec nos amies de tous les pays pour faire reconnaître, contre la Sainte Alliance des monothéismes, les droits des femmes que sont « la santé génésique et les droits reproductifs », indispensables à un développement durable.

Avec le MLF, les mouvements de libération de femmes qui sont venus – Femen, Ni Una Menos, MeToo – ont grandi et essaimé partout dans le monde. Nous sommes passés en 55 ans d’un état d’esclavage absolu avec un corpus de lois contraignantes sur le corps des femmes, à l’affirmation d’un droit universel sans contrainte.

L’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution est la reconnaissance au plus haut niveau de l’État qu’il s’agit bien de la liberté fondamentale des femmes ; il est d’autant plus important de la garantir que nous traversons une période de contre-révolution sanglante et de « protestation virile ».

Dans une telle situation de régression, cette inscription constitue un moment historique pour développer un mouvement de libération, de démocratisation et de laïcisation qui bénéficiera à l’ensemble de l’humanité ; elle fera modèle en Europe – continent le plus avancé en matière de droits des femmes – et dans le monde entier.
Le mouvement des femmes est bien le seul « mouvement de civilisation » capable de faire avancer pour demain les Droits et Libertés Démocratiques.

Communiqué de l’Alliance des Femmes pour la Démocratie

Atelier d’écriture féministe avec Luciana Peker

Atelier d’écriture féministe avec Luciana Peker

Lundi 11 mars 2024 de 18h à 20h
Atelier d’écriture féministe avec Luciana Peker
Écrire pour résister, parler pour persister

Cet atelier d’écriture féministe explorera la question des formes de résistance. Nous parlerons de l’écriture féministe et de la libération de la parole qui nous a amenées à dénoncer les violences sexuelles, à défendre les droits sexuels et reproductifs et à proclamer un féminisme de la jouissance.
Après une introduction aux différents concepts abordés, chacune des participantes écrira un texte que nous discuterons ensemble.
Nous parlerons du rôle central et révolutionnaire du discours féministe dans la transformation des relations de pouvoir et des liens amoureux, affectifs et sexuels, individuels et collectifs, à travers le journalisme, la littérature et les réseaux sociaux.
L’atelier se déroulera en espagnol en présence d’une traductrice pour les non hispanophones.

Luciana Peker est une pionnière du journalisme féministe en Argentine depuis plus de vingt ans et militante des droits des femmes et des personnes LGBTQI+. Lauréate de nombreux prix, elle est également l’autrice de plusieurs essais dont La Révolution des filles (des femmes-Antoinette Fouque, 2022) qui retrace l’histoire de la campagne pour l’obtention du droit à l’IVG en Argentine, aujourd’hui remis en cause par le gouverne ment de Javier Milei.

Plein tarif : 20 € – Tarif étudiant·e : 12 €
Espace des femmes – Antoinette Fouque 35, rue Jacob 75006 Paris
Sur réservation à : espace@desfemmes.fr

 

11 de marzo, de 18.00 a 20.00 horas
Taller de escritura feminista con Luciana Peker
Escribir para resistir, hablar para persistir

Este taller de escritura feminista explorará la cuestión de las formas de resistencia. Hablaremos de escritura feminista y de la liberación de la palabra que nos llevó a denunciar el abuso sexual, a defender los derechos sexuales y reproductivos y a proclamar un feminismo del goce.
Tras una introducción a los distintos conceptos tratados, cada participante escribirá un texto que debatiremos juntas.
Hablaremos del papel central y revolucionario de las narrativas feministas en la transformación de las relaciones de poder y los vínculos amorosos, afectivos y sexuales, tanto individuales como colectivos, a través del periodismo, la literatura y las redes sociales.
El taller se impartirá en español y contará con la presencia de una traductora francés-español para los no hispanohablantes.

Luciana Peker es activista por los derechos de las mujeres y las personas LGBTQI+ y pionera del periodismo feminista en Argentina desde hace más de veinte años. Galardonada con numerosos premios, es autora de varios ensayos, entre ellos La Revolución de las hijas (Paidós, 2019 ; des femmes-Antoinette Fouque, 2022) que relata la historia de la campaña por el derecho al aborto en Argentina que hoy está siendo cuestionado por el gobierno de Javier Milei.

Tarifa completa : 20 € – Tarifa estudiante : 12 €
Espace des femmes – Antoinette Fouque 35, rue Jacob 75006 Paris
Reservando en : espace@desfemmes.fr

Ensemble pour la victoire d’une Ukraine libre et démocratique !

Ensemble pour la victoire d'une Ukraine libre et démocratique !

MOBILISATION NATIONALE
Communiqué du collectif des associations “Ensemble le 24 février”
créé à l’initiative de l’Union des Ukrainiens de France
L’Alliance des Femmes pour la Démocratie est signataire de cet Appel.

« Le 24 février 2022, Poutine ordonnait l’invasion de l’Ukraine et engageait son entreprise terroriste. Celle-ci se poursuit et s’intensifie ; ainsi, fin décembre et début janvier des centaines de missiles et de drones se sont abattus sur les villes ukrainiennes et des dizaines de civils ont été tués.
Les forces d’invasion multiplient les viols, les tortures, les assassinats et organisent la déportation et la russification de dizaines de milliers d’enfants ukrainiens.
Bombardements quotidiens, destruction des infrastructures énergétiques pour plonger le pays dans le froid et le noir, cyber-attaques massives, écocide sur un territoire qui est désormais le plus miné au monde, n’ont pas pu venir à bout de la résistance ukrainienne.

CE QUI MANQUE À L’UKRAINE RÉSISTANTE, CE N’EST PAS LE COURAGE,
MAIS LES ARMES DONT ELLE A BESOIN POUR RÉSISTER ET VAINCRE.
AUJOURD’HUI, AIDER L’UKRAINE C’EST ARMER L’UKRAINE.

La guerre dure car l’aide des alliés de l’Ukraine demeure trop faible. Les Ukrainiens et Ukrainiennes se battent avec trop peu d’avions et sept fois moins de chars, d’obus, de canons que l’assaillant qui augmente son budget militaire de 70% pour 2024 et vient de lancer le recrutement de 1 70 000 soldats supplémentaires.
Face à l’expansionnisme impérialiste de la Russie, nous appelons tous les responsables français et européens à apporter immédiatement l’aide financière et militaire dont l’Ukraine a un besoin vital pour lui assurer la victoire et éviter la propagation de la guerre à d’autres pays en Europe.

GRANDE MOBILISATION POPULAIRE EN DÉFENSE DE L’UKRAINE
SON SORT DÉPEND AUSSI DE NOTRE SOUTIEN

Par notre nombre et notre détermination, nous montrerons que notre solidarité ne fléchit pas et que nous sommes plus que jamais aux côtés de la résistance, civile et militaire, qui se bat pour la liberté de l’Ukraine et pour la nôtre.
Nous protesterons également contre la persécution de ceux qui en Russie s’opposent ouvertement à la guerre et soutiennent l’Ukraine.
Nous souhaitons la victoire de l’Ukraine et une réelle défaite de l’agresseur, lequel se fixe comme but de détruire la nation ukrainienne, mais qui veut aussi s’en prendre à la démocratie et à la paix en Europe.
Nous voulons la fm des bombardements et de tous les crimes perpétrés sur le territoire ukrainien, le retrait de l’armée russe hors du territoire ukrainien dans ses frontières internationalement reconnues, le retour chez elles des populations ukrainiennes déportées, des enfants et des prisonniers de guerre et le jugement des criminels de guerre.

POUR LA VICTOIRE DE l’UKRAINE ET POUR LA PAlX, NOUS APPELONS À
SE RASSEMBLER SAMEDI 24 FÉVRIER, PARTOUT EN FRANCE,

AFIN D’AFFIRMER HAUT ET FORT NOTRE SOUTIEN INDÉFECTIBLE À L’UKRAINE.

Retrouvez toutes les manifestations française du collectif à l’adresse: https//bitly/ensemble24fevrier

PARIS, République, grande manifestation unitaire – 24févier 2024 à 14h

Programme événement / Програма події:
Le rendez-vous de la mobilisation est fixé à 14.00H Place de la République à Paris, Les participants se rassembleront pour une marche aux couleurs de l’Ukraine, animée de chants, slogans et revendications, en direction de la Place de la Bastille.

Місце збору для мобілізації призначено на 14:00 на площі Республіки в Парижі. Учасники зберуться на марш у кольорах України, який супроводжуватиметься піснями, гаслами та вимогами, до площі Бастилії.

Sur place, une chorale d’enfants ukrainiens accueillera le cortège. Un plateau de personnalités politiques et publiques dont les noms seront сommuniqués ultérieurement, seront réunies pour prononcer un bref discours, réitérant leur soutien indéfectible à la cause ukrainienne Les associations de la région lle de France disposeront de stands individuels pour présenter leur activité.

Ходу привітає український дитячий хор. Група політичних та громадських діячів, імена яких будуть оголошені пізніше, виступлять з короткими промовами, підтверджуючи свою непохитну підтримку української справи. Асоціації з регіону lle de France матимуть окремі стенди для презентації своєї діяльності.

Un écran geant permettra une liaison avec le parlement ukrainien et des capitales européennes forme d’un échange direct ou enregistré, ainsi que le visionnage de clips en hommage aux défis qui se posent.

Гігантський екран забезпечить зв’язок з українським парламентом та європейськими столицями у формі прямого або записаного обміну, а також перегляд відеороликів, присвячених викликам, з якими ми стикаємося.

Regards croisés France-Argentine : Histoire du mouvement féministe

Rencontre Regards croisés France-Argentine : Histoire du mouvement féministe
Jeudi 12 octobre 2023 à 19h
Bibliothèque de l’Alliance française, Av. Córdoba 946, CABA, Buenos Aires, Argentine

En présence de Christine Villeneuve, co-directrice des éditions des femmes-Antoinette Fouque, de Luciana Peker, journaliste, autrice de La Révolution des filles (des femmes-Antoinette Fouque, 2022), des représentant.e.s féministes argentin.e.s et de Marilina Winik, éditrice argentine, directrice de Hekht.

Christine Villeneuve
Elle est co-directrice des éditions des femmes-Antoinette Fouque où elle a commencé à travailler dès ses années d’étudiante. Elle est membre du Mouvement de libération des femmes depuis 1981 et est actuellement membre de l’Alliance des femmes pour la démocratie dont elle est l’une des vice-présidentes. Elle a dirigé la coordination générale du Dictionnaire Universel des Créatrices (2013) réalisé sous le patronage de l’Unesco et a contribué à l’ouvrage MLF psychanalyse et politique, 1968-2018, 50 ans de libération des femmes, (2018). Elle est également l’une des autrices du guide de l’enseignement Des femmes en littérature – 100 textes d’écrivaines à étudier en classe (Belin Education 2018 ).

Luciana Peker
Luciana Peker est journaliste, autrice et militante des droits des femmes et des personnes LGBTQI+ en Argentine. Elle est membre du collectif Ni Una Menos contre les féminicides et militante active de la Campagne pour le droit à l’IVG.
Pionnière du journalisme féministe depuis plus de vingt ans dans la presse, la radio et la télévision nationales et internationales, notamment le journal Pagina/12 et le New York Times, elle est lauréate de nombreux prix récompensant sa contribution à la lutte contre les stéréotypes de genre dans les médias. Luciana Peker, autrice de plusieurs essais, est une référence incontournable du féminisme argentin. La Révolution des filles est son premier livre publié en France.

Marilina Winik
Elle est Magister en Communication et Culture (UBA), sociologue (UBA) et éditrice par amour des livres. Écrire, enquêter, éditer, créer du contenu et des projets dans le domaine de la culture et de la communication. Depuis 10 ans, avec Natalia Ortiz Maldonado, elle dirige Hekht Libros, une plateforme d’intervention textuelle qui se déploie en cinq recueils centrés sur le genre « essai féministe ». Début 2022, elle a soutenu sa thèse sur les salons du livre dans le champ éditorial argentin et s’est interrogé sur le brassage culturel entre eux (2006-2019).

Plus d’information ici : https://www.alianzafrancesa.org.ar/cultura/debates-y-pensamientos/post/miradas-cruzadas-francia-argentina

Femme Vie Liberté

Femme Vie Liberté, Mahsa Amini

Il y a un an, Mahsa Jîna Amini, iranienne d’origine kurde était assassinée par la police des mœurs. Elle devint le symbole d’un puissant mouvement social et politique convergeant autour de la devise « Femme Vie Liberté ».

Le 16 septembre 2023 à 10h15, la maire de Paris, Anne Hidalgo inaugure le Jardin Villemin – Mahsa Jina Amini, à l’occasion du premier anniversaire du meurtre de Mahsa Amini.
À 12 h, rassemblement au Jardin Mahsa Jina Amini, 105 Quai de Valmy Paris 10e, à l’appel de Neda d’Iran, Iran Justice, Queers & Feminists for Iran Liberation, Azadi4Iran et de l’Alliance Des Femmes pour la Démocratie.
À 15h, Mahsa Day Marche de Bastille à l’Hôtel de ville, à Paris
À 19h, rassemblement Place de la Bastille à Paris à l’appel de plusieurs organisations

APPEL à un rassemblement Samedi 16 septembre 2023 à 12h
au
jardin Mahsa Jîna Amini Paris 10e
pour appeler à la poursuite de la mobilisation de la société civile
autour de la devise « Femme Vie Liberté »

Depuis un an, les iranien·ne·s sont engagé·e·s dans une lutte pour l’instauration d’une démocratie laïque et sociale, respectueuse des droits des femmes, du vivant, et des groupes ethniques et religieux. Un mouvement qui a vu la convergence des luttes syndicales, écologistes, étudiantes, des défenseurs des droits LGBTQ+ et des groupes ethniques et confessionnels marginalisés.

Rejeté par l’écrasante majorité de la population et dépourvu de légitimité, le pouvoir théocratique ne se maintient aujourd’hui que par la violence et la terreur.

Rien n’a été épargné aux iranien·ne·s, la machinerie de la mort s’est déployée dans toute sa cruauté et envers chaque frange de la société mobilisée : répression massive de dissident.es sur les campus et les écoles (purge des universités, écolièr·e·s gazé·e·s), traque des objecteur·ice·s de conscience et répression des corps professionnels (avocat·e·s, journalistes, médecins, artistes, athlètes, etc.). Au milieu du chaos, jeunes, précaires et groupes ethniques et confessionnels discriminés ont payé le plus lourd tribu. À huis clos, le décompte macabre n’a cessé de s’allonger : arrestations par milliers, plus de 550 morts en marge des manifestations, violences sexuelles des dissident·e·s en détention et morts sous la torture, plus de 70 infanticides, et 582 exécutions pour la seule année 2022.

À l’approche de la date anniversaire de la mort de Mahsa Jîna, les arrestations ont massivement repris ciblant les militant·e·s, et les familles des victimes persécutées jusque dans leur deuil.

Cette violence aveugle n’a pas suffi à stopper les forces puissantes de résistance qui secouent le pays tout entier. Dans chaque ville, la mobilisation s’est réinventée, et les manifestations ont laissé place à une désobéissance civile massive : refus des femmes de se voiler, soutien explicite de la majorité de la société (commerces et lieux de travail). Les iranien·ne·s se sont approprié·e·s l’espace public, bien que réinvesti massivement par les forces de sécurité et la police des moeurs, en célébrant la vie à chaque instant par leurs chants, par leurs danses.

Dans les rues, comme dans les prisons, les femmes défient l’ordre tyrannique et patriarcal: à Evin comme ailleurs, les prisonnières politiques s’imposent comme les fers de lance d’un mouvement progressiste et dessinent un chemin.

Jamais nous n’oublierons nos morts. Après le temps de la commémoration, vient celui de la lutte. Au diapason de l’Iran, c’est toute la société civile à l’internationale qui s’est mise en ordre de bataille : défenseurs des droits humains, universitaires et artistes engagés, avocats, tous ont convergé en soutien au mouvement « Femme Vie Liberté ». Dors et déjà, les appels à manifester et à la grève sont annoncés en Iran, la date d’anniversaire de la mort de Mahsa Jîna, devenu aujourd’hui date anniversaire d’un mouvement, sera un nouvel élan dans la lutte des iranien·ne·s contre la République Islamique.

Répondant à cet appel, nous, collectifs de la société civile et militants des droits humains, appelons à un rassemblement Samedi 16 Septembre 2023 au jardin Mahsa Jîna Amini à Paris 105 Quai de Valmy, 10e afin de :
Plus que jamais nous maintenons notre solidarité avec le peuple iranien dans sa lutte au sein du mouvement « Femme Vie Liberté »
Appeler à la libération de tous·tes les prisonnier·e·s politiques, ainsi que celle des otages détenu·e·s en Iran
Exiger l’arrêt immédiat de toutes les exécutions et les violations des droits humains
Nous appelons la communauté internationale à tirer les conséquences de la poursuite 
de ce mouvement en subordonnant la poursuite de relation diplomatique au respect des droits humains

Liste des signataires au 13 septembre 2023 :
Neda d’Iran, Iran Justice, Queers & Feminists for Iran Liberation, Azadi4Iran, Alliance des Femmes pour la Démocratie

Marchons pour l’Ukraine !

Marche pour l'Ukraine 25 fevrier 2023

Le 25 février prochain marquera la 1ère année de la guerre faite par Poutine, impérialiste et dictatorial, contre l’Ukraine indépendante et démocratique.
À l’initiative de l’Union des Ukrainiens de France avec lesquels nous manifestons depuis le 24 février 2022, nous appelons à une grande manifestation de solidarité avec les ukrainiennes et ukrainiens dans leur lutte héroïque contre l’invasion barbare de Poutine.

Samedi 25 février 2023 à 14h
MARCHONS POUR L’UKRAINE
Place de la République à la Place de la Bastille à Paris

Et aussi : Annecy : 10h30 Esplanade des Invalides
Bordeaux :
14h place de la Victoire
Dijon :
14h Place Darcy
Lyon :
14h30 place Bellecour
Marseille :
14h Consulat Russe 3 avenue Ambroise Paré
Metz :
15h devant la Gare de Metz Ville
Niort :
10h00 à la médiathèque de Niort – 11h30 au marché de Niort
Rennes :
15h Mail François Mitterand
Strasbourg :
16h50 place du Château
Toulouse :
16h Pavillon de la République 1 Bd de la Marquette

Aujourd’hui l’Ukraine, que Poutine veut (mal) traiter comme ce qu’il fantasme être « une femme », subit une violente et destructrice « protestation virile » de sa part. Les viols, actes de tortures et de barbarie, assassinats, enlèvements et déportations d’enfants infligés aux Ukrainien.ne.s par les soldats russes de Poutine sont ceux-là même que nous avons combattus en ex-Yougoslavie, au cœur de l’Europe, et qui ont été condamnés comme crimes contre l’humanité par le Tribunal ad hoc.

Nous appelons les femmes du monde entier, les hommes de bonne volonté,
les démocrates de chaque pays à se lever,
massivement,
pour défendre les droits humains et les droits des femmes ;

À porter nos voix au-delà des frontières, à hisser nos cœurs conscients
pour être aux côtés de celles et de ceux,
en Ukraine, qui luttent pour la Démocratie.

Télécharger L’appel à manifester

Télécharger Le texte du premier communiqué de l’Alliance des femmes, rédigé dès les premiers jours de l’invasion

Justice pour Pinar Selek

Justice pour Pinar Selek

Une Héroïne : notre amie Pinar Selek est condamnée à perpétuité par l’État turc qui la harcèle, la torture, la menace depuis plus de 25 ans parce qu’elle est démocrate, militante des droits humains! Elle est une femme vivante, généreuse, passionnément humaine ! Nous l’aimons !

L’Alliance des femmes pour la démocratie
et les éditions des femmes-Antoinette Fouque

LUTTE, SOLIDARITÉ, VIE AVEC PINAR SELEK

Nous sommes scandalisées que l’État turc et sa justice docile condamnent Pinar Selek à la prison à perpétuité !
– Quatre fois acquittée, condamnée, dans un « procès » sans nom et sans fin !
– 25 années que l’État turc poursuit Pinar Selek sur un fondement en réalité politique.
– 25 années d’actes de torture et de barbarie « judiciaires ».
Par ses décisions iniques, l’État turc maintient une terreur contre des femmes et des hommes qui ne renoncent pas à vouloir et faire advenir avec force et courage la démocratie pour leur peuple !

Pinar Selek, sociologue, universitaire, écrivaine, est cette héroïne qui incarne la vie, la lutte, l’amour de l’humanité, la liberté, les droits des femmes et les droits humains !

Voici sa première lettre à la lecture de cette décision :
« Je viens de lire la décision de la Cour suprême qui me condamne non seulement à la prison à vie mais aussi à une persécution sans fin. C’est une fausse décision qui s’appuie sur de faux arguments et des preuves falsifiées. Ce procès continue depuis 25 ans. La moitié de ma vie. Et je sais qu’il est un des indicateurs du mal organisé qui est enraciné en Turquie depuis bien plus longtemps. Il reflète à la fois la continuité du régime autoritaire en Turquie et les configurations des dispositifs répressifs. Ce jugement inique fondé sur des documents falsifiés n’est qu’une pièce des sombres dispositifs mis en place avant les élections. Quelques jours avant les assassinats des Kurdes à Paris, j’ai écrit ceci sur Mediapart : ʺL’année 2023 est prévisible. À l’occasion des échéances électorales, on verra de nouvelles explosions ou des attentats organisés par les ʺinvisiblesʺ. Les enquêtes n’aboutiront jamais, comme le complot dont je suis victimeʺ. J’y ai expliqué comment en Turquie le gouvernement en difficulté déchaîne sa violence par une stratégie de chaos et de tension qui se nourrit au sombre répertoire politique du pays. Je suis un petit point dans le grand tableau de la résistance, qui se paye au prix fort. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai résisté pour ne pas me soumettre à la domination, mais aussi, face à la répression, pour continuer à créer, à travailler sur des questions de recherche, à réfléchir profondément, de façon structurée et aussi à agir et à vivre comme une fourmi zinzine. Je vous le promets, je ne lâcherai rien.
Je vous embrasse,
Pinar »

SOLIDARITÉ INDÉFECTIBLE AVEC PINAR SELEK
Vive les femmes et les hommes qui luttent sans relâche

pour la démocratie en Turquie !
Nous sommes de tout cœur à ses et à leurs côtés,
conscient-e-s que de leur liberté dépend aussi la nôtre.

L’équipe de l’Alliance des femmes pour la démocratie
et des éditions des femmes-Antoinette Fouque


Communiqué de presse – Le 16 janvier 2023
Mandat d’arrêt international
et nouvelle audience pour Pinar Selek

Le 21 juin 2022, l’agence de presse publique turque a annoncé l’annulation par la Cour Suprême de Turquie du quatrième acquittement de Pınar Selek, prononcé le 19 décembre 2014 par le Tribunal criminel d’Istanbul. Auparavant, Pınar Selek avait effectivement comparu au cours de trois procédures criminelles, qui ont toutes constaté son innocence, au long des 25 années de persécution politico-judiciaire qu’elle continue à subir. Après l’avoir emprisonnée et torturée pour ses recherches sociologiques sur les Kurdes, le pouvoir turc a décidé de faire d’elle une « terroriste » en fabriquant de toutes pièces les éléments voulus pour démontrer contre toute évidence la survenance d’un attentat, alors que tout a établi que l’explosion du Marché aux épices d’Istanbul de 1998 a été provoquée accidentellement.

Six mois après l’annonce par voie de presse de l’annulation de l’acquittement, la décision de la Cour Suprême a été enfin notifiée aux avocat.es de Pınar Selek, ce 6 janvier 2023, par la Cour d’Assise d’Istanbul. Ces six mois d’attente insupportable et de nouvelle torture psychologique pour Pınar Selek se soldent par une parodie de justice. Pınar Selek fait l’objet d’une mesure de mandat d’arrêt international demandant son emprisonnement immédiat. Cette décision est prise par le Tribunal Criminel d’Istanbul avant même que les juges de cette juridiction ne se soient prononcés lors d’une première audience, fixée au 31 mars 2023.

De telles mesures, ubuesques du point de vue du droit et particulièrement graves par leurs portées et leurs conséquences sur Pınar Selek, sont prises dans un contexte de restriction des libertés et de multiplication des violences par le pouvoir turc contre l’ensemble des minorités et des opposants politiques, en particulier contre les Kurdes, que ce soit en Turquie ou dans d’autres pays. Les élections prochaines en Turquie sont propices à toutes les diversions politiques et à toutes les manipulations.

Les collectifs de solidarité avec Pınar Selek refusent que l’écrivaine et sociologue soit une fois de plus l’otage d’une politique inique qui se traduit par une véritable farce judiciaire. Ils refusent également qu’elle soit la victime collatérale de la politique de complaisance des pays européens à l’égard du régime autoritaire et liberticide qui sévit en Turquie. Ils demandent à tout.es les parlementaires et responsables politiques qui ont témoigné ces derniers mois leur soutien à Pınar Selek, d’agir énergiquement auprès du gouvernement afin qu’il lui apporte concrètement toute la sécurité et la protection que l’État français doit à l’une de ses compatriotes. La nationalité française de Pınar Selek ne suffit pas à la protéger. Forts du soutien de très nombreuses personnalités de la recherche et du monde intellectuel et de la culture, les collectifs de solidarité avec Pınar Selek renouvèlent au Président de la République leur demande de soutien ferme et inconditionnel ainsi qu’une protestation officielle auprès du pouvoir turc.

Ils appellent enfin les ami·es de Pınar Selek, les artistes, les universitaires et les militant.es à redoubler d’efforts, à étendre leurs mobilisations en soutien à toutes les victimes du pouvoir turc et à préparer des délégations nombreuses pour se rendre à Istanbul le 31 mars prochain pour exiger la vérité et la justice pour Pınar Selek !

Coordination européenne des collectifs de solidarité avec Pınar Selek


Communiqué de l’Alliance des femmes en PDF
Communiqué de la Coordination en PDF

Libérez Milagro Sala !

Liberté pour Milagro Sala

Tribune dans Le Monde pour exiger la libération de Milagro Sala emprisonnée en Argentine parce que femme, indienne et leader Populaire.

« Milagro Sala est persécutée par un système qui préfère une jeunesse sombrant dans la drogue plutôt qu’engagée et active »

TRIBUNE
Collectif
Tribune publiée dans Le Monde le 16 janvier 2023

La détention de la très populaire responsable politique argentine Milagro Sala est un exemple de « lawfare » ou « guerre judiciaire », ce détournement de la justice à des fins personnelles et politiques, estime un collectif de personnalités françaises dans une tribune au « Monde ». Elle doit être libérée.

Depuis sept ans jour pour jour, Milagro Sala, dirigeante du mouvement social Tupac Amaru, est détenue arbitrairement dans la province de Jujuy, en Argentine, en raison du harcèlement judiciaire mené par le gouverneur local, Gerardo Morales. Cette détention s’inscrit dans le contexte plus vaste de développement de stratégies de lawfare (« guerre juridique ») en Amérique latine – c’est-à-dire l’utilisation des institutions judiciaires à des fins de persécution politique.

Cette « guerre juridique » se caractérise par une succession de procès montés de toutes pièces sur la base de chefs d’inculpation multiples, par la nomination de juges modifiant la composition des tribunaux locaux, et par la corruption de témoins. D’origine autochtone colla, Milagro Sala est sensible depuis son adolescence à l’extrême misère des bidonvilles.

Devenue militante syndicale, elle fonde en 1991 l’organisation Tupac Amaru, du nom du dernier Inca rebelle supplicié par la Couronne espagnole, et accomplit deux exploits : nourrir les enfants des quartiers abandonnés en leur distribuant ce qui deviendra le légendaire « verre de lait » – l’expression copas de leche désignera par extension les postes de distribution de lait et d’autres denrées de base fondés par l’association ; et employer des adolescents drogués, des femmes battues, des laissés-pour-compte pour en assurer la distribution.

Cent vingt coopératives de production autogérées

Quartier par quartier, ville par ville, les actions solidaires prennent de l’ampleur et s’organisent en coopératives. Ayant eu vent de cette initiative, le président argentin Nestor Kirchner offre à Milagro Sala des subventions d’Etat, au demeurant modiques, destinées à la construction de logements sociaux en remplacement des baraquements des bidonvilles.

En 2015, l’organisation compte 80 000 membres : ses militants, les Tupaqueros, travaillent jour et nuit afin de bâtir des dizaines d’habitations à un coût infiniment plus faible que prévu. Ils construisent ainsi 8 000 maisons, plusieurs dispensaires, des écoles, des espaces culturels et sportifs, et de petites entreprises de production de biens (ferronnerie, matériaux de construction, menuiserie…).

Environ 120 coopératives de production autogérées sont fondées, procurant des emplois aux habitants des quartiers les plus pauvres et faisant de la Tupac le troisième employeur de la province. Grâce à cette action solidaire, l’association et ses dirigeants restituent au peuple une identité et une dignité perdues.

Fin de l’autogestion dans la province

Toutes les promesses de progrès social non tenues jusqu’alors par les gouvernements provinciaux et nationaux sont ainsi concrétisées par Milagro Sala et la Tupac Amaru. Milagro, leader politique populaire, est élue députée au Parlement du Mercosur [Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay]. Il n’est pas surprenant que le gouvernement de Gerardo Morales, arrivé au pouvoir fin 2015 avec le soutien du gouvernement national de Mauricio Macri et des secteurs les plus riches de l’économie, ait voulu mettre fin à cet exemple d’autogestion dans sa province.

Le 16 janvier 2016, quelques jours avant son investiture et conjointement à d’autres dirigeants de l’association, Milagro Sala est arrêtée. Suit alors une série de procès aussi arbitraires que fantaisistes. Toutes les réalisations de la coopérative sont saccagées, détruites ou laissées à l’abandon.

Le nom de Tupac Amaru devient prémonitoire : détenue arbitrairement depuis sept ans dans des conditions qui mettent sa vie en danger, Milagro se trouve persécutée comme le fut le chef inca par un système qui préfère une jeunesse sombrant dans la drogue plutôt qu’engagée et active. Milagro est victime du racisme des classes aisées et des ambitions personnelles du gouverneur Gerardo Morales, son ennemi acharné, qui voit en elle une rivale redoutable.

Milagro Sala est une prisonnière politique

Cette situation inique et scandaleuse a été immédiatement dénoncée par les organisations et organismes internationaux tels que le Comité des Nations unies contre la détention arbitraire et la Commission interaméricaine des droits de l’homme, ou Amnesty International, qui appellent à sa libération immédiate ; ainsi que par le président argentin lui-même, Alberto Fernandez.

Pourtant, la justice de la province de Jujuy reste sourde à ces appels. La Cour suprême nationale, saisie par les défenseurs de Milagro Sala, a en effet confirmé le caractère local de la décision de détention – l’Argentine étant un Etat fédéral, les délits locaux y sont traités par la justice locale, réduisant les possibilités d’intervention de l’Etat argentin et notamment d’une grâce présidentielle.

Milagro Sala est aujourd’hui l’une des plus anciennes prisonnières politiques d’Amérique latine. Son état de santé, déjà fragilisé par les années d’emprisonnement, s’est récemment aggravé à la suite d’une thrombose à la jambe gauche, dont le traitement en hôpital lui est refusé.

Pour une libération rapide

Cette province argentine n’est pas dénuée de liens avec la France : le gouverneur y a notamment autorisé l’extraction de lithium et d’autres projets nuisibles à l’environnement et à la santé des populations, sans l’accord pourtant obligatoire des communautés locales, opérations financées par des fonds étrangers – et en particulier français.

Nous demandons aux autorités argentines de prendre des mesures urgentes, telles qu’une grâce présidentielle ou une intervention fédérale dans le pouvoir judiciaire de la province de Jujuy, pour que Milagro Sala soit enfin libérée.

Nous appelons également le gouvernement français à entreprendre une démarche humanitaire auprès du gouvernement argentin, afin d’obtenir sa libération comme il l’a déjà fait dans des situations semblables.

Les signataires de cette tribune sont : Laurence Cohen, sénatrice ; Alicia Dujovne Ortiz, écrivaine, autrice de Milagro Sala, l’étincelle d’un peuple ; Laura Franchi, présidente de l’Assemblée des citoyens argentins en France (ACAF) ; Geneviève Garrigos, conseillère de Paris ; Elizabeth Nicoli, coprésidente de l’Alliance des femmes pour la démocratie; Sophie Thonon- Wesfreid, avocate, présidente de France-Amérique latine (FAL) ; Christine Villeneuve, codirectrice des Éditions des femmes.

Pour lire la tribune dans son intégralité :
Le Monde
Texte